Lucien Degoy a réalisé une série d’entretiens très intéressants pour l’Humanité et portant sur les dernières élections présidentielles en France. Y prennent part Stéphane Rozès, directeur de CSA, enseignant à Sciences-Po, Laurent Willemez, sociologue, maître de conférences à l’université de Poitiers, Michel Vakaloulis, sociologue, maître de conférences en sciences politiques à l’université Paris-VIII.
Pour Laurent Willemez, par exemple, la rupture entre les partis de gauche et les classes populaires aura été l’un des faits marquants de cette campagne qui a mené à la prise du pouvoir par Nicolas Sarkozy :
Le PS a été incapable de reprendre la place laissée libre par le PCF auprès des classes populaires. Mais c’est l’ensemble des partis de gauche qui a peu à peu perdu les ressources militantes permettant de toucher les plus modestes. Le militantisme de gauche est devenu un militantisme de classes moyennes (notamment du public). La question des relations aux classes populaires se pose cependant différemment selon les organisations : alors qu’elle est largement déniée au PS (après un court retour en grâce au lendemain du 21 avril 2002), dans les autres partis de gauche elle est au mieux utilisée comme un emblème, parfois fantasmée, au pire manipulée dans des stratégies internes. Or, c’est en faisant retour sur le travail politique quotidien de rencontre, d’écoute et de mobilisation qu’on pourra restaurer le lien militant entre les classes populaires et les organisations du champ politique ou du mouvement social. – Lien.






